Tino Rossi – les Revues à grand spectacle

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1934 – Parade de France – (Casino de Paris – du 26 septembre 1934 au 23 septembre 1935)

Affiche originelle de la revue du Casino de Paris – Parade de France.

  • En vedettes : Georgius, Jacqueline Claude et, un peu plus tard, Tino Rossi.

Lithographie Bedos – d’après X – 1934 – Coll. C. R-V.

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  • « Revue des beautés de notre pays et de nos colonies » en deux actes et cinquante tableaux, 65 décors et 250 artistes, de Henri Varna, Léo Lelièvre et Marc-Cab. Tino Rossi figure dans les tableaux « Corse île de beauté » et « La plus grande France » (renommée en 1935 « L’Afrique »). Première représentation le 26 septembre 1934. Les deux grandes vedettes de la revue sont alors Georgius et Jacqueline Claude. Première représentation avec Tino Rossi en tant que vedette le 14 octobre 1934. Triomphe ce soir-là : Tino conquiert son statut de vedette en un soir par une apparition d’une durée totale de 29 minutes. Jouée jusqu’au 23 septembre 1935 avec les acteurs principaux, dont Tino Rossi.
    • Tino Rossi est engagé par Henri Varna le 30 juillet 1934, pour quelques apparitions.
    • Tino Rossi est promu « en catastrophe » par Henri Varna, sur les conseils confidentiels de Vincent Scotto qui l’avait croisé à Lyon quelque 2 ans auparavant : Henri Varna doit réorganiser en urgence toute la revue en raison de la nécessité de remplacer au pied levé la vedette Georgius (qui se retrouvera dans un rôle subalterne). En effet, Georgius, dans le spectacle, y interprétait la chanson « Imprudentes », une violente charge contre les homosexuels, si bien que de représentation en représentation, le public parisien du cabaret, constitué pour une part non négligeable d’homosexuels, dont Jean Cocteau était un peu « le meneur », huait de plus en plus lors de chaque apparition du chanteur et perturbait durablement le spectacle… La mort dans l’âme, Varna dût se résoudre à restructurer la revue et à trouver un nouveau chanteur… Et si possible avec du talent…
    • Une fois Tino Rossi engagé, Henri Varna lui demanda de se trouver des chansons pour aller avec la revue. Et c’est tout naturellement que Tino Rossi repensa à Vincent Scotto qu’il avait croisé à Lyon quelque 2 ans auparavant, et alla le voir. (sans savoir que Scotto aida Tino à se faire engager au Casino de Paris !)
    • Vincent Scotto demanda à Tino de lui laisser ses disques pour les écouter et lui demanda de repasser le voir quelques jours plus tard… Et quelques jours plus tard, Scotto lui proposa les deux succès que l’on connaît : Vieni… Vieni…  ainsi qu’une seconde chanson qu’il composa en quelques minutes devant Tino Rossi : Ô Corse, île d’amour !

Ci-contre: Jacqueline Claude qui, avec Georgius, incarnent au départ les deux grandes vedettes de la revue Parade de France… Avant d’être tous les deux éclipsés par la révélation Tino Rossi de l’année 1934.

Photoglyptie Studios Henry – 1934 – Coll. C. R-V.

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  • Parmi les chansons interprétées par Tino, l’on note :
    • Ô Corse, île d’amour
    • Vieni… vieni…
    • Vivons la vie, vivons l’amour
    • Un baiser de femme sous un ciel de feu
    • C’est ton amour

Ci-dessus : couverture et extrait du programme (version luxe 1934-35) de Parade de France, où Tino Rossi joue dans 2 tableaux. (coll. C. R-V.)

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  • Ci-contre : 78 Tours de Georgius « Imprudentes » enregistré le 25 février 1933 chez Odéon.
    • Imprudence de Georgius qui, indirectement, donnera l’opportunité à Tino de triompher dans Parade de France le 14 octobre 1934. (coll. C. R-V.)

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1936 – Tout Paris chante – (Casino de Paris – du 30 septembre 1936 au 8 février 1937)

Affiche originelle de la revue du Casino de Paris – Tout Paris Chante.

  • En vedette : Tino Rossi.

Lithographie Bedos – d’après Van Caulaert – 1936 – Coll. C. R-V. 

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  • Revue en deux actes et trente-six tableaux, modifiée en trente-quatre tableaux, de Henri Varna, Léo Lelièvre, Marc Cab & Charles Tutelier. Tino Rossi participe en tant que vedette principale aux tableaux « Les chansons d’amour », « Ceux de la légion » et « Roi de cœur ». Première représentation le 30 septembre 1936. Jouée jusques au 8 février 1937.
  • Parmi les chansons interprétées par Tino, l’on note :
    • Au delà des nuages
    • Plaisir d’amour
    • Une étoile d’amour
    • Marinella
    • Maître Pathelin
    • Guitare d’amour
    • Colombella
    • Le secret de tes caresses
    • Rendez-moi mes montagnes
    • Un violon dans la nuit

Nota :

  • Tino Rossi signe avec Henri Varna son contrat d’engagement le 8 mai 1936 en tant que vedette principale, à l’issue d’un déjeuner servi dans la résidence de M. Varna à Montmorency. MM. Émile Audiffred et Félix Marouani, les impresarii de Tino sont aussi présents.
  • La date prévisionnelle retenue est le 25 septembre 1936. Un report de 5 jours sera observé avant la première représentation.
  • Le contrat stipule une exclusivité totale durant la saison de représentation. Tino Rossi ne pourra alors pas se produire ailleurs et « doubler » dans un autre cabaret.
  • En revanche, Tino Rossi a le droit de continuer à enregistrer de nouveaux disques et de chanter en direct à la radio !

Ci-dessus : Tino Rossi éblouissant dans le 1er rôle de la revue Tout Paris Chante, au Casino de Paris, en 1936.

Photographie (restaurée au mieux) Roger-Viollet – 1936 – Coll. C. R-V.

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Ci-dessus : Tino Rossi dans le 1er rôle de la revue Tout Paris Chante, au Casino de Paris, en 1936.

Photographie Roger-Viollet – 1936 – Coll. C. R-V.

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1939 – Tino Rossi – (Scala de Berlin – du 1er au 31 mars 1939).

  • Tino Rossi se produit à la Scala de Berlin du 1er au 31 mars 1939.
  • Concernant l’Allemagne, c’est le succès international du film  « Naples au baiser de feu » qui a motivé l’engagement de Tino Rossi à la Scala de Berlin par leurs propriétaires.
  • Tino Rossi se produit pendant un mois dans cette salle de 3.000 places, à raison de 3 représentations par jour, sans compter les soirées privés.  Il perçoit alors le plus gros cachet de l’histoire de la Scala pour chaque représentation : 3.000 Reichsmarks.
  • À peu près inconnu à son arrivée en Allemagne, le succès est pourtant total dès le premier soir, malgré le handicap que représente alors le fait de chanter en langue française, ainsi que le peu d’intérêt manifesté habituellement pour le « genre sérénade » dans ce pays.
  • Tino y présente son tour de chant de 9 chansons que sont : Vieni… Vieni… traduite en allemand pour l’occasion et devient Bitte… Bitte… (S’il vous plaît…), le reste du tour de chant étant donc chanté en français dont : La belle congaChant d’amour de TahitiSérénade portugaiseTristesse de Chopin et Bambinella
  • « März 1939 – Gastspiel Tino Rossi in der Scala, Deutschlands Weltvarieté, Berlin W 62, Lutherstrasse 22 – 24. »
  • Article paru dans le magazine belge « Le Film » du 23 avril 1939 sur Tino Rossi à la Scala de Berlin.

Ci-dessus : Tino Rossi à l’Eden-Bar de Berlin en la charmante compagnie de la grande actrice d’outre-Rhin – Dorothea Wieck.

Photographie Tobis – début Mars 1939 – Coll. C. R-V.

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Ci-dessus : Tino Rossi et Dorothea Wieck dans les rues de Berlin.

  • Nota : la presse allemande avait monté une sorte de feuilleton journalistique présentant dans ses articles M. Tino Rossi et Mme Wieck systématiquement ensemble – couple totalement artificiel – étant donné que Tino Rossi était en ménage avec Mireille Balin, et éperdument amoureux d’elle…

Photographie UFA – Mars 1939 – Coll. C. R-V.

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Extrait du programme de la Scala de Berlin de Février 1939, annonçant la venue de Tino Rossi le mois suivant (Coll. Alain Brochet).

  • Traduction : en mars à la SCALA, la coqueluche de Paris, TINO ROSSI le chanteur de renommée mondiale (films, radio et disques).

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Ci-contre : annonce publicitaire parue dans la presse d’Allemagne en février 1939 traduite.

  • SCALA – À partir du 1er mars 1939, en spectacle : TINO ROSSI

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  • Eduardo BIANCO, le Roi du Tango, accompagné de son orchestre de tango argentin

  • Vicente ESCUDERO, le plus grand danseur d’Espagne

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  • Première : 1er mars à 20H30.
  • 2 mars à 20H30 : place au festival !!
  • La vente a commencé.

Ci-contre : annonce officielle légale de l’état allemand qui réglemente les tarifs et désigne les points de vente exclusifs (document officiel d’époque traduit)

  • Supplément de dernière heure – Mars 1939
  • Pour les amis du théâtre berlinois – La Société du livre allemand.
  • Tous les jours à 20h30, ainsi que les mercredis, samedis et dimanches à 17h (tarifs réduits)
  • Tino Rossi, le ténor mondialement connu, vedette du cinéma, de la radio et du disque est invité en mars à la Scala de Berlin.
  • La fusion assez extraordinaire d’une beauté irrésistible et du timbre de cette voix ont rendu ce chanteur, encore très jeune, mondialement célèbre en très peu de temps.
  • Tino Rossi a tenu le rôle principal dans cinq grands films français. Ses disques détiennent actuellement le record de vente dans l’Europe entière.
  • Le prix des billets varie de 1.00 à 8.00 RM pour les représentations du soir et de 0,70 à 5,00 RM pour les représentations de l’après-midi – disponibles à nos guichets.
  • Réservation préalable pour tous les théâtres d’État et pour tous les autres théâtres de Berlin aux guichets de la Société du Livre Allemand.
  • Librairie de la Société du livre allemand, Wg, 9 Hermann-Göring-Strasse (Place de Potsdam) / Librairie de la Société du livre allemand, SW 68, 156 57 Alte Jakobstrasse (près de la Hallesches Tor) / Magasin de musique Columbia, 29, Kurfürstendamm / Magasin de musique Schwarz – Friedenau, 60 Rheinstrasse.
  • Ouvert en semaine de 9 h à 19 h.

Ci-contre : couverture du programme de la Scala de Berlin avec Tino Rossi en vedette principale de la revue.

Mars 1939 – Coll. C. R-V.

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Ci-dessus : annonce Tino Rossi dans le programme de la Scala de Berlin de Mars 1939.

  • Traduction : TINO ROSSI chansons françaises, chansons folkloriques corses et italiennes ; schlager et chansons.

(Coll. C. R-V.)

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Ci-dessus : Press-Book – Tino Rossi en Mars 1939, établi par la Scala de Berlin, regroupant tous les articles de la presse allemande traitant de sa triomphale revue.

  • Traduction : SCALA – l’étape-variété – 22 rue Luther, Berlin.

Avril 1939 – Coll. C. R-V.

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  • Le directeur de la Scala de Berlin – Eduard Duisberg, propose à Tino Rossi de rester un mois de plus dans son cabaret, mais Tino décline l’offre, nonobstant le fait que le public allemand du cabaret soit très chaleureux à son égard.
    • Tino explique, en Juin 1982, que cela commençait à sentir politiquement mauvais. En Allemagne à cette époque, tout était très triste dans les rues de Berlin et qu’il y avait des militaires de partout.
    • Tino précise qu’il avait eu l’impression de visiter un pays communiste gouverné par un roi (tellement l’ambiance locale était bizarre en 1939 dans ce pays) !

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1982 – Cinquante ans d’amour – (Casino de Paris – du 4 novembre au 2 janvier 1983)

  • En 1981 et 1982, Tino Rossi se produit en gala un peu partout en France.
  • Il adapte progressivement son tour de chant en renouvelant une partie des chansons, prend un nouveau chef d’orchestre et pianiste pour ses tournées : Claude Rogen, et il fait salle ou stade comble à chaque spectacle, et l’accueil est toujours massif et fervent.
  • Le succès étant toujours là, c’est au mois de Mars 1982 que la décision est prise : Tino Rossi, qui n’a plus donné de gala dans Paris depuis le 3 juin 1976, décide de fêter ses 50 ans de carrière au Casino de Paris, 48 ans après y avoir acquis de manière durable son statut de star indéboulonnable de la Chanson Française.

Ci-dessus : premières annonces de presse de Tino Rossi au Casino de Paris.

  • En 1982, la revue est donnée comme devant courir jusqu’au 10 janvier 1983.
  • Mais la date fut peu après ramenée au 2 janvier 1983. Cause non connue de nous.

D’après photographie Alain Marouani – Octobre 1982 – Coll. C. R-V.

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  • Si finalement les dates définies courent bien du 4 novembre 1982 au 2 janvier 1983, la Production laisse alors ouverte la possibilité de prolongation de la revue, mais il n’en sera finalement pas le cas. Les contrats signés par la Production aux membres de l’orchestre en attestent.

Ci-contre : extrait du contrat d’engagement de M. Claude Rogen, pianiste attitré de Tino Rossi depuis 1978 pour les galas.

Octobre 1982 – Coll. C. R-V.

  • Environ un mois avant le début de la revue, quelques fervents tinorossistes du Club sont venus en repérage au Casino de Paris. En effet, ils ont profité de leur passage à Paris dans le secteur, le jour de l’enregistrement de l’émission l’École des Fans avec Tino Rossi.
    • 1er cliché à gauche : M. André Thibault,
    • 2ème cliché à gauche : M. Marcel Peltier,
    • et derrière l’objectif : M. Maurice Bazinet.

Ci-dessus : devanture du Casino de Paris annonçant le programme des spectacles à venir.

  • Le ballet de l’Opéra de Rome dans Esoterik Satie, du 24 septembre au 24 octobre 1982,
  • Tino Rossi dans 50 ans de Chansons – 50 ans d’amour, du 4 novembre 1982 au 9 janvier 1983,
  • Alain Bashung, du 15 au 31 janvier 1983,
  • Jacques Higelin, du 1er février au 15 avril 1983,
  • Eva Miller dans Casino Story, revue à grand spectacle, de Mai à Août 1983.

Photographies Bazinet – 9 octobre 1982 – Coll. C. R-V.

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Ci-dessus : devanture du Casino de Paris annonçant Tino Rossi en vedette.

Photographie X – Novembre 1982 – Coll. C. R-V.

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  • Aux alentours du 20 octobre 1982, les répétitions débutent. Seront nécessaires un total 14 séances organisées pour monter, tester et peaufiner le spectacle.
  • À partir du 4 novembre 1982, à 75 ans révolus, Tino Rossi remonte symboliquement sur la scène de ses grands débuts, le Casino de Paris, pour fêter son demi-siècle de carrière au cours d’un grand spectacle, mis en scène par Maritie et Gilbert Carpentier, qui mêle rétrospectives et nouvelles chansons.
  • Chaque jour, pendant deux mois, la salle comble de 1450 places redouble d’applaudissements, à raison :
    • – d’une représentation en matinée à 15H00 les dimanches, mardis, mercredis et jeudis,
    • – d’une représentation en soirée à 21H00 les vendredis et samedis ; relâche les lundis.
    • – c’est à dire : 23 représentations pour le mois de novembre 1982, 27 représentations pour le mois de Décembre 1982 et 2 représentations pour le mois de Janvier 1983, soit un total de 52 représentations au Casino de Paris.
  • Tino Rossi est au cœur du spectacle qui se joue, comme à ses débuts, au Casino de Paris, en 1934.
    • Sur une idée de Laurent Rossi, qui en assure la direction artistique, voici l’occasion de célébrer ses noces d’or avec le public.
    • Le spectacle est produit par MM. Michel Olivier et Jacques Marouani, le fils de Félix – compagnon de route de Tino depuis 1934.
    • La mise en scène est de Maritie et Gilbert Carpentier, en deux actes et dix-huit tableaux.
    • La chorégraphie est réglée par Barry Collins.
    • De nombreux guitaristes corses placés sous la direction d’Antoine Bonelli ainsi que le pianiste Claude Rogen l’accompagnent sous la direction d’orchestre de Paul Piot, son chef d’orchestre studio principal depuis 1964.

Ci-dessus : article qui fait le bilan de la première représentation de la revue Cinquante ans d’amour au Casino de Paris.

Le Parisien Libéré – 5 novembre 1982 – Coll. C. R-V.

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  • Le 9 novembre 1982 est LA journée Tino Rossi sur France Inter, où il est reçu et interviewé plusieurs fois dans la journée.
    • Au cours d’une de ces interviews, Tino Rossi explique qu’il a voulu que le spectacle donné au Casino de Paris, se composât d’une première partie sous forme de véritable revue, avec danseurs et ballets, suivie d’une seconde partie sous forme de récital.
    • Tino a tenu à cette première partie sous forme de revue pour faire plaisir au public qui le suit depuis si longtemps et pour le remercier ainsi que pour se faire plaisir.
    • Tino prenant soin de préciser que s’il s’était contenté en première partie d’un simple récital, il n’aurait pas fait un fauteuil de moins, et qu’il aurait gagné beaucoup plus (car moins de dépenses de personnels), mais qu’il n’en faisait pas une histoire d’argent. C’est cela, le Panache.
  • La Générale, le 9 novembre 1982, est l’occasion pour le Tout-Paris au grand complet de fêter un Tino Rossi radieux.

Ci-dessus : billet type, pour la Générale du 9 novembre 1982, où le tout Paris Show-biz est venu voir Tino.

(coll. C. R-V.)

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Ci-dessus : billet, pour la Générale du 9 novembre 1982, où le tout Paris Show-biz est venu voir Tino.

  • Ici, un billet exonéré, pour un chanceux qui a pu voir Tino gratuitement !

(coll. C. R-V.)

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Ci-dessus : Tino Rossi et Paul Piot, son chef d’orchestre, pour les derniers réglages orchestraux avant de rejoindre sa loge.

Photographie Davy – 9 novembre 1982 – Coll. C. R-V.

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  • Puis Tino Rossi se rend dans sa loge, pour se changer. Puis, quelque minutes avant le début du spectacle, Tino arrive dans les coulisses. Peu avant de monter sur scène, caché par les lourds rideaux rouges du Casino de Paris, Tino est alors victime d’une épouvantable crise de trac. En effet, la pression est très forte. Trop forte. Il vire tout le monde… Il est pétrifié. Finalement, Claude Rogen, son pianiste attitré depuis 1978, s’entretiendra avec Tino, et après la survenue de cette soudaine crainte injustifiée de « se ramasser », Tino entre en scène, l’orchestre de 22 musiciens démarre et tout entre immédiatement dans l’ordre. Ce sera un succès.

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  • Générale du 9 novembre 1982 : début du spectacle à 21h25, retransmis en direct sur France Inter en FM, le tout commenté par José Arthur.
    • Tino Rossi entre en scène en smoking noir, souliers noirs, nœud papillon noir et chemise blanche.
    • Tino Rossi, après avoir chanté le refrain Ô Corse, île d’amour s’adresse au public en ces termes : « Bonsoir. Il y a quelques années, oh ! C’était Hier ! Je débutais sur cette scène du Casino de Paris, et je chantais, dans un décor corse. Eh bien ce soir, c’est pareil, ou presque… »
    • durée 1′50″.

Ci-dessus : début de la Générale – Tino Rossi acclamé par le public VIP, à qui il s’adresse, en rappelant ses débuts au Casino de Paris en 1934…

  • Parmi le public de la Générale, nous comptons notamment : Marie Bizet, Roger Borniche, Jean Castel, Jacques Chazot, Karen Cheryl, Dalida, Mme Paul Derval, Régine, Guy des Cars, Line Renaud, Denise Fabre, Joseph Franceschi, Fernand Legros, Francis Lemarque, Francis Lopez, Guy Lux, Mireille Mathieu, Johnny Stark, Jean Marais, Yves Saint-Martin, Yvette Lebon, Annie Cordy, Marie-José Nat, Nicoletta, Alain Decaux…

Photographie Sygma – 9 novembre 1982 – Coll. C. R-V.

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  • Générale du 9 novembre 1982 : début du 1er tableau – le Tableau Corse.
    • Tino Rossi interprète Corsica, La boudeuse, O Ciuciarella, Chanson pour ma brune accompagné par les guitaristes corses dirigés par Antoine Bonelli.
    • Tino Rossi enchaîne avec L’enfant qui chantait nouvelle chanson qui résume son enfance, sa vie.
    • durée : 15′00″.

Ci-dessus : Tino Rossi sur la scène du Casino de Paris dans le 1er tableau, le Tableau Corse, qui ouvre les bras au public.

Photographie Interpress – 9 novembre 1982 – Coll. C. R-V.

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Ci-dessus : Tino Rossi sur la scène du Casino de Paris dans le 2ème tableau, le Tableau Tango.

  • Tino interprète ses plus grands tangos entouré par les danseurs dirigés par Barry Collins.

Photographies Davy – 9 novembre 1982 – Coll. C. R-V.

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  • Générale du 9 novembre 1982 : début du 3ème tableau – le Tableau Cinéma.
    • Tino Rossi, après avoir troqué en 10 secondes sa veste blanche pour sa magnifique veste rouge, pendant la descente d’un écran de cinéma géant, présente une projection d’extraits choisis de 3 de ses films et raconte ses souvenirs de carrière cinématographique, en fredonnant a cappella un refrain pour chaque film sélectionné… (J’aime les femmes, c’est ma folie… Maria… Tarentelle…), décrivant les personnages et les scènes majeures des extraits projetés : Marinella (saluant en direct Yvette Lebon sa partenaire dans le film, présente dans la salle ce soir-ci), Fièvres et Naples au baiser de feu (l’intonation de dépit de Tino en citant seulement le nom de feu Mireille Balin signifie beaucoup sur cette passion enfuie)
    • durée : 12′30″.

Ci-dessus : Tino Rossi, seul, sur la scène du Casino de Paris dans le 3ème tableau, le Tableau Cinéma.

  • Les films 35mm de référence avaient été fournis aux époux Carpentier par M. Georges Bruneau, tinorossiste émérite, qui possédait une collection conséquente très-diversifiée sur Tino Rossi.
  • Ces films avaient été récupérés par Mme Lilia Rossi en personne, ayant demandé à M. Gilbert Carpentier de les lui livrer à son domicile, à Neuilly-sur-Seine, pour les rendre le 13 novembre 1982 en personne à M. Bruneau.

Photographies Davy – 9 novembre 1982 – Coll. C. R-V.

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  • Générale du 9 novembre 1982 : entr’acte ballet sur le motif Méditerranée réglé par Barry Collins, avec les danseurs de claquettes.
    • permet notamment à Tino Rossi de troquer sa veste rouge pour sa veste bleu roy ; son nœud papillon noir pour une cravate rayée ; ses souliers noirs pour des mocassins blancs et s’armer de sa célèbre casquette de marin.
    • durée : 3′10″.
  • Générale du 9 novembre 1982 : début du 4ème tableau – le Tableau Opérettes.
    • Tino Rossi interprète les refrains de Naples au baiser de feu, Le temps des guitares, Le marchand de soleil et conclut le tableau par la chanson Méditerranée.
    • durée : 5′30″.

Ci-dessus : Tino Rossi sur la scène du Casino de Paris dans le 4ème tableau, le Tableau Opérettes.

Photographie Interpress – 9 novembre 1982 – Coll. C. R-V.

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Ci-dessus : Tino Rossi sur la scène du Casino de Paris dans le 5ème tableau, le Tour de Chant.

Photographies Davy – 9 novembre 1982 – Coll. C. R-V.

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Ci-dessus : juste après le baisser de rideau, Tino Rossi et Jacques Marouani se saluent, satisfaits de la qualité du spectacle et de l’accueil du public VIP en ce soir de Générale.

Photographie Sygma – 9 novembre 1982 – Coll. C. R-V.

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  • Générale du 9 novembre 1982 : Tino Rossi donne une courte interview à José Arthur, de France Inter, en fin de gala et remercie tout le public d’être venu ce soir.
    • José Arthur : « On se verra au Fouquet’s tout à l’heure, mais je voulais simplement savoir… L’émotion merveilleuse étant donné l’accueil que vous avez reçu, ça doit quand même être bouleversant, pour vous… »
    • Tino Rossi : « Oui, c’est bouleversant pour moi, mais j’avais bien préparé mon affaire… Mes cinquante ans de chanson, je voulais les fêter comme je les ai fêtés ce soir. Voilà, je suis ravi, content, et je dis merci à tous ceux qui sont venus ce soir. »
    • durée : 0′40″.
  • Générale du 9 novembre 1982 : Tino Rossi a rejoint sa loge pour se changer.

Ci-dessus : la loge de Tino Rossi du Casino de Paris reconstituée ultérieurement pour l’exposition Tino Rossi – de l’Île à Lille.

Photographie Bazinet – Novembre 1984 – Coll. C. R-V.

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Ci-dessus : Tino Rossi dans sa loge du Casino de Paris, recevant les félicitations sincères de Mireille Mathieu à la fin de la générale de la revue Cinquante ans d’amour.

  • en arrière plan : Francis Lopez, Youri Manoff et Johnny Stark.

Photographie Laforêt – 9 novembre 1982 – Coll. C. R-V.

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Ci-dessus : Tino Rossi dans sa loge du Casino de Paris, recevant les félicitations de Dalida à la fin de la générale de la revue Cinquante ans d’amour.

  • en arrière plan : Lilia qui regarde d’un œil plutôt inquiet Tino embrasser Dalida avec un entrain certain…

Photographie Laforêt – 9 novembre 1982 – Coll. C. R-V.

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  • Générale du 9 novembre 1982 : Tino Rossi, une fois changé, se livre à la traditionnelle séance de dédicace pour son nombreux public de tinorossistes venus en nombre…

Ci-dessus : Tino Rossi arrive devant la porte du Fouquet’s.

  • Immédiatement derrière Tino : M. Roger Borniche, écrivain et inspecteur de police (E.R.)

Photographie Davy – 9 novembre 1982 – Coll. C. R-V.

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Ci-dessus : portrait de Tino Rossi au Fouquet’s

Photographie Davy – 9 novembre 1982 – Coll. C. R-V.

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  • Soirée du 9 novembre 1982 au Fouquet’s : un repas de grande gastronomie est donné, au menu mémorable que nous vous proposons de redécouvrir…
    • Chaque plat porte le nom d’une chanson enregistrée par Tino Rossi.
    • À noter que le premier titre Bonsoir Madame la Lune est resté inédit, tandis que Ce n’est qu’un rêve correspond en réalité à Ce n’est qu’un songe.

Ci-dessus : certains privilégiés étaient invités tous frais payés au festin par EMI – Pathé-Marconi…

  • Ce carton d’invitation au Fouquet’s était adressé au journaliste Paul Giannoli, heureux invité au repas (coll. C. R-V.)

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  • Soirée du 9 novembre 1982 au Fouquet’s : au cours de ce repas de fête prolongé, José Arthur interviewe en direct sur France Inter onze convives présents au Casino de Paris et livrent leur opinion enthousiaste et parfois émouvante sur Tino et le spectacle.
    • La Responsable du service culture de France Inter – Sophie Dumoulin qui livre une analyse très-fine du phénomène Tino, le danseur étoile émérite Jacques Chazot, la chanteuse Line Renaud, la chanteuse Karen Cheryl, M. le Directeur du Casino de Paris – Jean Méjean, la chanteuse Nicoletta, la chanteuse Régine, le célèbre jockey Yves Saint-Martin, le célèbre historien Alain Decaux, le chanteur Francis Lemarque et Mme la Metteur en scène – Maritie Carpentier.
    • Anecdote amusante : José Arthur, en discutant avec Maritie Carpentier, tente en fin d’interview un parallèle très osé sur la ressemblance entre M. Tino Rossi et M. François Mitterrand dès 1936 lorsque grimé en Casanova dans le film Marinella. Même si comparaison n’est pas raison, José Arthur forme un constat assez juste, car, dans les dernières années de la vie de Tino, il existe bien une certaine ressemblance entre les deux hommes, tant au niveau de l’aspect général de la silhouette, des mimiques, que dans l’expression orale…
    • durée : env. 30′00″.
  • Soirée du 9 novembre 1982 au Fouquet’s : arrivée des cuisines d’une énorme pièce montée entièrement inspirée de la grande carrière de Tino.
    • Tino Rossi entouré de son épouse, de son fils Laurent et de sa fille Pierrette entonnent une série de chants de sa carrière, le tout avec les guitaristes corses menés par Antoine Bonelli.

Ci-dessus : 33 tours souvenir « Cinquante ans d’amour – Fouquet’s – 9 novembre 1982 » – SP1204 EMI (Coll. C. R-V.)

  • Nota : il s’agit des mêmes enregistrements et des mêmes matrices que l’album commercialisé sous la référence 2C070 – 73358.

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Ci-dessus : billet type du spectacle. (coll. C. R-V.)

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Avertissement ! Tout ce qui concerne la soirée du 13 novembre 1982 fera l’objet d’une refonte complète à venir – ne pas en tenir compte – les inexactitudes seront supprimées et la situation normalisée dès que possible.

  • Le Casino de Paris, le 13 novembre 1982, en soirée…

Ci-dessus : vue extérieure du Casino de Paris – Spectacle Tino rossi, le 13 novembre 1982. (coll. C. R-V.)

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Ci-dessus : affiche de la revue Cinquante ans d’amour, collée sur la façade du Casino de Paris. 

Photographie Pichon – 13 novembre 1982 – Coll. A. Brochet

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  • Ci-contre : Tino commence le spectacle en chantant sa nouvelle chanson « Corsica » (1982). (coll. C. R-V.)

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  • Puis il poursuit avec le « Tableau Corse », accompagné d’Antoine Bonelli et ses guitaristes corses.

Ci-dessus : Tableau Corse, avec les guitaristes, 13 novembre 1982, comme en Octobre 1934… Rien n’a changé ou si peu… (coll. C. R-V.)

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  • Ensuite, vient le Tableau Tango, avec les danseurs et danseuses chorégraphiés par Barry Collins, s’il vous plaît… 

Ci-dessus : Tableau Tango. Tino Tango… On sent Tino heureux sur scène (coll. C. R-V.)

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  • Le spectacle se poursuit avec le Tableau Cinéma, où Tino, en maître de cérémonie face au grand écran, évoque en direct sa carrière cinématographique, au rythme des bobines 35mm qui déroulèrent son succès dans tous les cinémas de France (et d’ailleurs !). (Coll. C. R-V.)

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  • Puis, avec le Tableau Opérettes, la chanson reprend ses droits :
    • Naples au baiser de feu,
    • Le temps des guitares,
    • Le marchand de soleil,
    • et bien entendu, Méditerranée. Elles sont toutes passées en revue !

Ci-dessus et ci-contre : Tino dans Méditerranée, le 13 novembre 1982. On sent vraiment que l’Opérette, c’est aussi « son truc »(coll. C. R-V.)

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  • Et bien sûr, Tino enchaîne son Tour de Chant, où il interprète et réinterprète ses derniers succès et ses succès de toujours… Pour le public qui le suit partout…
  • Cinquante ans d’amour (1982)
  • Le Pinzutu (1962)
  • Tout me rappelle vous (1982)
  • La vie commence à 60 ans (1978)
  • Tristesse de Chopin (1939)
  • Ajaccio (1955)
  • J’avais vingt ans (1963)
  • Chantons l’amour (1974)
  • La complainte corse (1943)
  • Le rêve passe (1968)
  • La Paloma, (1962)
  • Ave Maria de Schubert (1938)
  • Pot-pourri de Vincent Scotto (1936)
  • Petit papa Noël (1946).

Ci-dessus : Tour de Chant du 13 novembre 1982. Tino Rossi est véritablement un lutteur. Un combattant de la chanson. Un forçat de la scène et qui force le respect. (coll. C. R-V.)

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Ci-dessus : Tino nous chante « J’avais vingt ans »… Une chanson qui, au crépuscule de sa vie, prenait alors tout son sens… mais, en Novembre 1982, nous ne le savions pas encore… (coll. C. R-V.)

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Ci-dessus : Final du Tour de Chant du 13 novembre 1982. Le public est comblé, Tino est heureux et ceci se voit ; et même les musiciens sont contents : carton plein pour Tino, comme d’habitude ! (coll. C. R-V.)

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  • Fin du spectacle, retour en coulisses, dans la loge… Démaquillage… Retour à la banalité… Mais une Star, une Vedette de son ampleur, se doit aussi à ses admirateurs de toujours qui le suivent depuis plusieurs décennies… Tino est respecté car Tino est respectable. Il est un véritable professionnel. Tino se donne, Tino donne tout…

Ci-dessus : dans sa loge, avec ses admirateurs de toujours.

  • À droite, M. Jean Pichon, grand admirateur depuis tant de décennies, qui recevait Tino chez lui et l’accompagnait partout en voiture lorsqu’il allait en cure thermale à la Roche-Posay, chaque année…
  • À gauche, Mme Jacqueline Brûlet et M. Claude Herbelot, grands fans de Tino.

Photographie X – 13 novembre 1982 – Coll. C. R-V.

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  • Enfin, séance traditionnelle de dédicaces au Casino de Paris. Tino toujours stoïque et d’une patience infinie pour faire plaisir à tous ses admirateurs, jusqu’au dernier. Tino signe. Il signe pour tout le monde : anonymes, célébrités, riches, pauvres, jeunes, vieux, beautés, laiderons… Peu importe : avec Tino, c’est l’égalité de traitement.

Ci-dessus : séance de dédicaces au Casino, le 13 novembre 1982.  (coll. C. R-V.)

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Ci-dessus : Tino Rossi dans les coulisses du Casino de Paris

  • Tout au fond, Laurent Rossi.

Photographie Bazinet – 11 décembre 1982 – Coll. C. R-V.

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Ci-dessus : véritables confettis récupérés en fin de spectacle au Casino de Paris le 2 janvier 1983, par un pilier du Club Tino Rossi, lors de l’ultime représentation de la revue Cinquante ans d’amour (Coll. C. R-V.)

  • Lorsque l’on sait la durée de vie d’un confetti, sitôt lancé, sitôt à terre, il est extraordinaire qu’il en soit parvenus jusques à nous…

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Ci-dessus : article qui fait le bilan des deux mois de la revue Cinquante ans d’amour au Casino de Paris.

Nice-Matin – 18 janvier 1983 – Coll. C. R-V.

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Ci-dessus : Tino Rossi au Casino de Paris lors d’une séance de dédicaces après le spectacle.

Photographie X – Novembre 1982 – Coll. C. R-V.

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